article écrit par Amélie Canchaya
Les Wendats, aussi appelées historiquement les Hurons (j'utiliserai généralement le terme "Wendat", car c'est celui réclamé par la nation Wendat, "Huron" venant du français "hure", la coiffure des Wendats rappelant la hure des sangliers), sont un peuple du Nord-Est de l'Amérique du Nord parlant une langue faisant partie du groupe des langues iroquoises.
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Territoire historique des Wendats (nommés Hurons sur la carte). Cette carte représente le territoire historique de chaque nation de langue Iroquoise.
On ne sait que peu de choses sur les Wendats avant l'arrivée des Français. On sait que les Wendats formaient la confédération Wendate, une confédération de 5 tribus. On peut citer les noms des 5 tribus Wendates : les Attignawantan peuplade de l'ours, les Attignaenongnehac peuplade de la corde, les Arendaronon peuplade du rocher, les Tahontaenrat peuplade du daim et les Ataronchronons peuplade des marais.
Avant l'arrivée des Français, la confédération wendate était en guerre avec la confédération iroquoise, malgré leurs similarités.
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Drapeau de la confédération iroquoise
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Territoire historique iroquois

Représentation d'une rencontre entre chefs Iroquois
La raison du début des hostilités entre ces peuples vient, d'après la tradition orale Wendats, d'une rencontre entre les peuples Wendats et le peuple Mohawk (un des peuples principaux de la confédération Iroquoise). Un Mohawk voulut faire interprèter son rêve par un chaman Wendat comme cela était la tradition. Le rêve était violent et durant celui ci le Mohawk mourait. Or, pour les Wendats, les rêves sont des messages destinés à se réaliser dans le monde réel, et le chaman a donc tué le Mohawk.
Malheureusement, ce dernier était un personnage important dans la confédération Iroquoise . Les Iroquois ont donc en représailles déclaré la guerre aux Wendats.
De plus, les guerres des Iroquois et les épidémies apportées par les Européens font réduire leur population, les obligeant selon leurs traditions à piller d'autres tribus pour adopter de nouveaux membres.
Le premier contact avec les français se fera en 1609 entre le navigateur Samuel de Champlain. Signalons ici que Samuel de Champlain avait fait en 1600 un voyage dans les Amériques colonisées par les Espagnols (principalement du côté du Panama et un peu du Mexique) et dénoncé les conditions de vie des indigènes par les autorités coloniales et principalement par l'Inquisition espagnole qui brûlait les indigènes qui refusaient d'obéir à leurs ordres et les homosexuels.
« Quant aux autres Indiens qui sont sous la domination du Roi d'Espagne, s'il n'y donnait ordre, ils seraient en aussi barbare croyance comme les autres. Au commencement de ses conquêtes, il avait établi l'inquisition entre eux, et les rendait esclaves ou faisait cruellement mourir en si grand nombre, que le récit seulement en fait pitié. Ce mauvais traitement était cause que les pauvres Indiens, pour l'appréhension de celui-ci, s'enfuyaient aux montagnes comme désespérés, et d'autant d’Espagnols qu'ils attrapaient, ils les mangeaient ; et pour cette occasion les dits Espagnols furent contraints leur ôter la dite inquisition, et leur donner liberté de leur personne, leur donnant une règle de vivre plus douce et tolérable, pour les faire venir à la connaissance de Dieu et la croyance de la sainte Église : car s'ils les voulaient encor châtier selon la rigueur de la dite inquisition, ils les feraient tous mourir par le feu. »
Texte de Samuel de Champlain
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Inquisition brûlant des autochtones (dessin de Champlain)
Il parle également du fait que certains autochtones sont battus si ils ne vont pas à la messe régulièrement.
« L'ordre dont ils usent maintenant est qu'en chaque maison qui sont comme villages, il y a un prêtre qui les instruit ordinairement, ayant le prêtre un registre de noms et surnoms de tous les Indiens qui habitent au village sous sa charge. Il y a aussi un Indien qui est comme procureur du village, qui a un autre pareil registre, et le dimanche, quand le prêtre veut dire la messe, tous les dits Indiens sont tenus se présenter pour l'entendre, et avant que le prêtre la commence, il prend son registre, et les appelle tous par leur nom et surnom, et si quelqu'un fait défaut, il est marqué sur le dit registre; puis la messe dite, le prêtre donne charge à l'Indien qui sert de procureur de s'informer particulièrement où sont les défaillants, et qui les fasse réunir à l'église, où étant devant le dit prêtre, il leur demande l'occasion pour lequel ils ne sont pas venus au service divin, dont ils allèguent quelques excuses s'ils peuvent en trouver, et si elles ne sont trouvées véritables ou raisonnables, le dit prêtre commande au dit procureur Indien qui ait à donner hors l’église, devant tout le peuple, trente ou quarante coups de bâton aux défaillants. Voila l'ordre que l'on tient à les maintenir en la religion, en laquelle ils vivent partie pour crainte d'être battus : il est bien vrai que s'ils ont quelque juste occasion qui les empêche de venir à la messe, ils sont excusés. »
Texte de Samuel de Champlain
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Illustration de Champlain montrant ce qui arrive aux autochtones qui ne vont pas régulièrement aux messes
Tous cela va provoquer une énorme pitié chez Champlain, ce qui va alors former sa vision des autochtones, car même si il les traitera souvent de "sauvages", il aura sur eux un recours plus doux et plus respectueux de leur culture qu'énormément de colonisateurs espagnols.

Samuel de Champlain échangeant avec une tribu
Dès son arrivée, il va former des alliances avec les peuples Algonquins (appelés Anishinaabeg en langue algonquienne) et les Innus (appelée aussi Montagnais de temps en temps) contre les Iroquois, mais aussi pour le commerce de la fourrure.

Commerçants discutant ensemble lors du commerce des fourrures

Dessins représentants des Algonquins
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Innus faisant une procession religieuse
Cette première rencontre a lieu le 18 juin 1609. Champlain rencontre alors le chef des Wendats Arendarhonons lors d'un voyage de ce dernier du côté du pays des Iroquois, et de là commence l'alliance entre les Wendats et la France.

Représentation de Wendats
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Le territoire des Hurons indiqués comme ancien pays des Wendats
Ils invitent certains d'entre eux à visiter la jeune ville de Québec que vient de créer Samuel du 22 au 28 juin.
Pendant ce temps, Champlain cherche à négocier avec les Iroquois pour la fin des hostilités avec ses alliés, mais cela n'aboutit pas.
A partir du 28 juin 1609, une expédition menée par Samuel de Champlin et ses alliés Wendats, Algonquins et Innus partent en territoire Iroquois. L'expédition contenait 2 chaloupes remplies de français armées de fusils et des centaines de canots contenant plusieurs centaines de guerriers autochtones (on en dénombres environ 300).
Sur le chemin, une partie de ces troupes doivent le quitter pour de nombreuses raisons (majoritairement le fait de devoir combattre la tribu si féroce que sont les Iroquois). Le 28 juillet devant la tribu Iroquoise d'Agniers, il ne reste plus que 3 français et 60 forces indigènes.
Champlain n'a quand à lui que peu peur, car lui et ces compatriotes sont armés d'arquebuse, et il compte beaucoup sur l'effet de surprise que font produire ces armes .
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Arquebuse
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Utilisation d'un Arquebuse
Champlain et ses alliés rencontrent les chefs Iroquois et il est décidé de combattre le lendemain.
Les Iroquois sont environ 200.
La victoire de Champlain est totale. Elle marque le début des guerres des Français et de leurs alliés contre les Iroquois.
Cette bataille est appelée la bataille du Lac Champlain.

Représentation de la bataille
Cette bataille permit la paix pendant quelques dizaines d'années pour les alliés des français apeurés par les français. Cependant, elle poussa également les Iroquois à commencer à se fournir en armes à feu en premier chez les Néerlandais puis finalement les Anglais.
C'est à partir de cette période que le commerce de la fourrure va prendre une grande ampleur, les français récupérant de la fourrure qu'ils vendent à prix d'or en Europe et donnant alors des lames métalliques où des fusils aux peuples avec lesquelles ils commercent, comme les Wendats.

Chasseur Wendat
En 1616, l'alliance Wendats-Français devient effective, et les Français ont le droit de passer librement dans le territoire de la confédération et se doivent de soutenir les Wendats dans leur guerre contre les Iroquois.
En 1615, des missionaires arrivent pour évangéliser les Wendats, les Jésuites arrivent en 1625.
En 1633, les Français rajoute une clause au traité forçant les Wendats à accueillir les missionaires qui viennent dans leur pays.
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Représentation de la France apportant le chritianisme aux Wendats
Les missionaires sont ainsi nombreux, ayant appris la langue wendate et l'organisation sociale de ce peuple.
Être Chrétien a des avantages pour les Wendats : cela permet de pouvoir avoir potentiellement des armes à feu et d'avoir des avantages lors du commerce (une baisse de prix importante). Cependant il se désolidarisent ainsi un peu des autres Wendats en ne suivant plus ainsi les rituels de leur peuple.
Certains Wendats ont un fort ressentiment contre ces derniers, les voyant comme des sorciers qui baptisent les gens à l'article de la mort et qui ne sont pas touchés par les épidémies qu'ils apportent.
En 1647, on retente de négocier la paix avec les Iroquois mais cela échoue et, en 1648, les hostilités reprennent.
Leur faiblesse démographique face à leur ennemis et l'arrivée des armes européennes qui rend les guerres extrêmement meurtrières fait que les Wendats perdent de plus en plus les guerres qui deviennent destructrices pour leur peuple.
De plus, là où les Anglais et les Néerlandais échangeaient autant d'armes aux Iroquois, les Français réglementaient leur échange d'arme à feu avec leurs alliés.
Les Iroquois font prendre le grand village de Teanaostanaies, lequel contenait un énorme pourcentage de la population Wendate ( 10% selon les sources). Cela effraie chaque Wendat, et les femmes ne veulent plus aller cultiver les champs provocant une famine chez les Wendats.
Les Iroquois font continuer l'offensive faisant de nombreux morts et blessés. Les captifs ont étés adoptés. Malgré ces défaites, les Wendats tiennent à Sainte Marie utilisant les fortifications installés par les Français.

Site reconstruit de Sainte Marie
Cependant sachant qu'ils ne tiendront pas éternellement, les Wendats partent de leur pays. La confédération Wendate disparait ainsi.
Tous cet événement est appelée le Massacre des Hurons.
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Représentation du massacre des Hurons par les Iroquois
Carte des mouvements des Wendats
Certaines tribus vont aller s'établir chez certains peuples Iroquois, se faisant naturaliser Iroquois par ces derniers.
D'autres partent aux États-Unis où ils seront appelées Wyandot par les colons États-Uniens.
Un petit groupe de Wendats catholique va s'établir autour de Québec.
Cependant, la paix signées entre les Iroquois et les français en 1653 fait que les Wendats ne sont pas protégées par les Français.
En 1697, ils s'installent dans la région de Lorette, dans le village qu'ils font appeler Wendake, ce qui signifie "le village des Wendats", en l'honneur de leur ancien pays.
Ces survivants forment ainsi la nation des Wendats de la Jeune Lorette.
La Couronne de France aurait octroyé aux Wendats chrétiens la seigneurie de Sillery. Parce que les Wendats n'avaient aucune connaissance du système français de propriété terrienne, leur territoire était géré par les Jésuites, et ceux-ci auraient pris une bonne partie du territoire au détriment des Wendats. 5 ans plus tard, le 3 mai 1702, sans en prévenir les Wendats, Louis XIV donne cette seigneirerie aux Jésuites.

Wendats de la Jeune Lorette
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Village de Wendake
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Panneau d'Arrêt à Wendake en français et en Wendat
En 1773, lorsque la couronne britannique prend le contrôle des terres des Jésuites ( les Britanniques qui avaient durant ce temps pris le contrôle du Canada Français), les Wendats découvrent qu'on leur a retiré leur terre 71 ans plus tôt.
En 1784, le village comptait 23 maisons et 105 habitants.

Wendats à Wendake
À partir de 1791, les Wendats réclament la possession de la terre et tentent de la réclamer au gouvernement britannique. Puis, en 1825, le chef de la nation Wendat, Nicolas Vincent, se rend en Angleterre pour aller plaider sa cause devant le roi George IV. En 1853, le Canada leur octroie des terres dans le canton de Roquemont.
Nicolas Vincent chef Wendat de 1810 à 1844
En 1810, Nicolas Vincent devient chef de la nation Wendat de la Jeune Lorette. Il prend alors le nom de Tsawenhohi, ce qui signifie : celui qui plonge des choses dans l'eau.

élection d'un chef Wendat Il hérite d'une situation difficile pour son peuple. En effet son peuple est fort pauvre et fragile démographiquement (à peine 140 habitants).
Il va alors réclamer le retour de la seigneurie de Sillery comme terre pour son peuple.
Tsawenhohi sait que cet enjeu est d'une importance capitale pour les siens. Il ne s'agit pas tellement d'un attachement à Sillery que d'une nécessité économique: les revenus de la seigneurie pourraient leur assurer les moyens de conserver leur mode de vie ancestral en ce qui concerne l'alimentation.
Le 2 février 1819, il témoigne devant un comité de la Chambre d'assemblée du Bas-Canada présidé par le député John Neilson.

John Neilson
Johhn Neilson est favorable aux revendications des Wendats, ainsi qu'un certain Andrew Stuart et Louis-Joseph Papineau.
Muni d'une copie des titres de la seigneurie de Sillery datant de 1798, Tsawenhohi affirme devant le comité que la tradition orale est sans équivoque : Sillery est une terre huronne. Il rappelle également que sa nation descend directement des Hurons venus s'installer au Québec après la destruction de leur nation en 1650 (l'argument du métissage aurait alors pu disqualifier les revendications autochtones).
« Nos Ancêtres ne savaient pas écrire ; nous n'avons point de Livres, nous le tenons par tradition. Anciennement nos Chefs assemblaient la nation pour qu'elle entendît de ses Chefs l'histoire de la Nation ; nous suivons la même coutume et nous racontons à nos enfants les affaires de notre nation qui se sont passés de notre temps. Les anciens Chefs racontent ce qu'ils savent de l'ancien temps. Nous savons par tradition que nos ancêtres ont été invités à venir des Lacs d'en haut à Sillery. Ils ont été suivis par d'autres de la nation pour jouir d'une Concession du Roi de France, après un laps de temps ils ont été reculés de Sillery à la Côte Saint Michel, (Sainte Foi,) de là à l'Ancienne Lorette, et de là à notre résidence actuelle ; on a voulu nous faire aller à Nicolet, ce qui a été refusé par les Chefs en Conseil, parce que nous étions sur notre propre terrain. »
Nicolas Vincent insiste également sur le fait que la seigneurie appartenait à sa communauté malgré la présence des Jésuites, ces derniers ayant l'obligation de consulter les Wendats avant toute initiative sur la propriété. Lorsque le comité lui demande « à quoi se monte vos prétentions et vos désirs », il se contente d'une brève réponse: « Nous ne réclamons que nos terres et le moyen d'élever nos enfants ». Dans les mois qui suivent, son peuple continue de produire des pétitions destinées au pouvoir colonial.
Dans celle du 13 décembre 1823, on peut lire:
« Les pétitionnaires croient que le Roi de France ne pouvait pas valablement donner aux Jésuites une chose qu’il avait déjà donnée aux Sauvages. Les Pétitionnaires représentent de plus que les autres Sauvages de ce Pays ... sont en possession paisible des Seigneuries que les Rois Français leur ont permis de retenir en leur Pays. Que les Pétitionnaires seuls, victimes de la simplicité de leurs Pères et de la cupidité des Jésuites, sont dénués de tout et réduits à la plus extrême pauvreté tellement que dans un Pays où leurs Aïeux furent autrefois les Maîtres, ils ont perdu jusqu’au droit de Chasse et n’osent plus entrer dans les Forêts dont ils sont journellement chassés avec violence, par des propriétaires qui les considèrent et les traitent comme des Malfaiteurs. »
Cependant, tous cela ne suffira pas, les autorités coloniales britanniques voyant d'un très mauvais oeil cette demande de retour de terre des Wendats.
Après énormément de tentatives et d'envois de lettres au souverain britannique George IV, celui ci accepte de recevoir le chef de la nation Wendat de Lorette.
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George IV, roi de Grande-Bretagne et d'Hanovre
Le 15 novembre 1824, Nicolas accompagné d'André Romain (Tsohahissen) et Stanislas Koska (Aharathanha), chefs du conseil, ainsi que du chef de guerre Michel Tsiewei (Téhatsiendahé) part vers Liverpool.
Avant de s'adresser au souverain d'au-delà de l'océan, les émissaires wendats s'entretiennent avec Lord Bathurst, secrétaire d'État à la Guerre et aux Colonies. Bien qu'il accepte de faire payer leur voyage aux frais du gouvernement anglais, ce dernier ne cultive pas grands espoirs quant à l'aboutissement de leurs revendications.
« D'entrée de jeu, Bathurst souligne que les Hurons ne possèdent pas le statut juridique nécessaire pour entreprendre une action en justice en vue de récupérer leurs terres. Puis, il relie directement cet argument au fait qu'ils ne peuvent prouver, autrement que par ce qu'il qualifie de « vague tradition » , qu'ils sont réellement les descendants des concessionnaires originels de la seigneurie de Sillery. Troisièmement, Bathurst affirme que les Hurons ne sont qu'une des tribus au bénéfice desquelles la seigneurie avait été concédée. Le quatrième argument est double. Le ministre soutient que les pétitionnaires ne sont plus en possession de la seigneurie depuis plus de cent vingt ans, ramenant ainsi la question de la tutelle. Il considère que celle-ci s'est terminée lorsque les néophytes ont quitté Sillery pour s'établir ailleurs. Donc, les Jésuites avaient raison de demander la seigneurie pour eux en compensation des dépenses et des efforts consacrés à sa mise en valeur, d'autant plus qu'ils avaient acheté, à leur frais, des terres pour relocaliser les Indiens. »
En avril 1825, les Wendats rencontrent George IV.
La rencontre n'apporte guère. Le souverain anglais leur remet des médailles et dit qu'il fera de son mieux pour augmenter leur bonheur et leur fournir des terres en remplacement si on ne leur rend pas la seigneurie de Sillery. Cependant le pouvoir limité du roi dans la monarchie constitutionnelle l'empêche de mettre en place cela.
Nicolas Vincent meurt le 31 octobre 1844.
Le débat sur la seigneurie de Sillery est encore ouvert de nos jours.
Quand à ceux qui vivent aux états unis et sur leurs terres d'origine, ils sont divisés aujourd’hui en trois groupes : un certain nombre resté au Michigan et en Ontario (la Nation Wyandot d'Anderdon), un autre groupe conduit au Kansas par le gouvernement des États-Unis en 1842 et un troisième (le plus grand) dans l’Oklahoma. Le gouvernement américain, considérant les Wendats comme « assez civilisés », les émancipera en 1855. Ceux qui refuseront la citoyenneté américaine seront transférés dans la réserve de Wyandot en Oklahoma. Le traité négocié en 1855 prévoit que, en plus de la réserve en Oklahoma, certains terrains, comme le cimetière wendat de la région de Kansas City au Kansas, restent protégés. Le statut de cette protection est néanmoins flou et, dans la première moitié du XXe siècle, des conflits opposent des promoteurs immobiliers désireux de vendre le cimetière à des membres de la population autochtone, notamment l'avocate Lyda Conley, attachée à sa protection.
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Province Canadienne de l'Ontario
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Michigan
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Kansas
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L'Oklahoma

Lyda Conley

Chef et sous-chefs Wendats de Lorette en 1921
En 1999, les représentants de chaque tribus wendate se sont réunis à Midland, à l'emplacement de leur ancienne terre, pour reformer la confédération Huronne.

Carte indiquant la position de Midland
De nos jours, il y a environ 5233 Wendats au Canada (dont 1495 à Wendake), et 9050 Wendats aux états unis (appelés Wyandot par les États-Uniens). Les chiffres varient beaucoup selon les sources.
Le chef de la nation Wendat de la Jeune Lorette est Pierre Picard. Il a été élu avec 51,49% des voix le 26 Octobre 2024 et assermenté le 21 novembre 2024.

Pierre Picard chef de la nation Wendat de jeune Lorette
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Wendates de Lorette
Passons maintenant à la découverte de la culture Wendat :
Commençons par un peu de mythologie wendate.
Ce récit vient des récits transmis par tradition orale chez les Wendats de jeune Lorette.

Représentation du mythe

Représentation du mythe d'origine
Selon ce mythe, lorsqu'à l'origine les ancêtres des Wendats vivaient dans le monde des cieux, Yäa’tayenhtsihk fille du chef tomba gravement malade. Pour lui venir en aide,un homme médecine fit creuser un trou autour de l'arbre céleste pour que la jeune fille puisse accèder aux racines curatives.
Le trou creusé trop profondément fit basculer l’Arbre céleste et, entraînée dans sa chute, Yäa’tayenhtsihk tomba à son tour, rejoignant le Monde-Mer.
Lorsque Yäa’tayenhtsihk chuta du Monde-Ciel vers le Monde-Mer, sa descente fut ralentie par des oies qui l’accueillirent et la soutinrent. Ces oiseaux convoquèrent alors le Conseil des Animaux pour déterminer comment lui venir en aide.
Le Conseil conclut que si suffisamment de terre pouvait être recueillie parmi les racines de l’Arbre céleste, cette terre pourrait être déposée sur le dos de la Grande Tortue afin de créer une île.
Ainsi fut fait. Yäa’tayenhtsihk étendit cette terre sur le dos de la Grande Tortue, donnant naissance à un vaste territoire qui devint continent.

Représentation du mythe
Initialement les Wendats étaient animistes croyant que tous les objets inanimés, les animaux et les personnes possèdent un « esprit » et qu’il fallait les respecter. Ils honoraient le Créateur ainsi.
Le maïs avait une place prépondérante dans les rites Wendats. Le temps étant vital pour la culture du maïs, la pluie est très attendue. En cas de sécheresse, les Wendats font appel à un chaman, harmonisateur de l'univers. Pour sauvegarder le cycle perpétuel, celui-ci s'adresse à l'ancêtre Louskeha, qui veille aux forces cosmiques.
Outre cela, tous les 8, 10 où 12 ans avait lieu chez les Wendats une fête des morts. Il s'agit d'une fête qui relie plusieurs villages Wendats entre eux servant à la cohésion entre ces derniers.
Déjà, la mort tient une place particulière chez les Wendats, qui la voient comme quelque chose de beau qu'ils doivent comprendre. Lors d'un enterrement, on rassemble les objets qu'un défunt pourrait avoir besoin dans la mort.
Mais la fête des morts est très importante chez les Wendats. Elle consiste en premier lieu à l'étape de la chaudière. Durant cette étape, on déterre les morts, on nettoie les ossements de ces derniers, puis on prépare un ossuaires en extérieur, dans une zone entre les villages. On tapissait la fosse de peau de castor.
Les ossements sont entourés de peaux de castor, de perles et des colliers de wampum (un type de collier de coquillage) données par les parents et amis du mort et aussi d'écorce d'arbre
Collier de Wampun Iroquois et Algonquin
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Dessin de Wampun
Puis on met les ossements et les affaires des les morts dans leurs tombes tous ensemble dans ce tumulus. La cérémonie se finit par un grand festin où on raconte des histoires puis chacun rentrait chez lui.
Parlons maintenant de la société traditionnelle. La société traditionnelle Wendats est matrilinéaire, chaque Wendat appartient au clan de sa mère, et c'est généralement l'oncle maternel qui s'occupe de transmettre les devoirs et les responsabilités claniques aux enfants de leurs sœurs et non pas le père.
Le mariage Wendat est très libre. En effet, il est permis chez les couples Wendats d'avoir des relations extraconjuguales et cela n'est pas mal vu dans la société. De plus, chez les Wendats, les disputes de couple sont extrêmement mal vues, aussi le divorce est permis par simple accord sans avoir à faire aucune autre démarche que juste se séparer (on n'a pas besoin d'aller voir un juge pour se séparer). Il est cependant interdit pour un Wendat d'épouser une personne de son clan.
Dans la société Wendat le meurtre était puni de manière extrêmement grave, plus que les autres crimes non létaux. Lorsque qu'un membre était tué, les parents et frère et soeurs de la victime obtenaient le droit de demander la mort du coupable. Cette obligation avait pour but d'honorer les membres de la famille de la victime. De plus si un membre d'une tribu avait reçu une menace de mort, qu'importent les raisons, chaque membre de la tribu avait pour devoir de protéger sa vie.
Les meurtres et assassinats pouvaient causer jusqu'à des guerres entre nations (comme dans le cas de la guerre entre les Hurons et les Iroquois).
De plus si le coupable du meurtre survivait, il ne devait surtout pas récidiver où il était exclu de sa tribu.
Le vol a un statut particulier dans la société Wendat, car le droit et la propriété telle que nous le concevons n'existait pas dans la société Wendat. Les maisons étaient ouvertes et sans grande surveillance. Il était habituel chez les Wendats de partager la majorité des choses. Ainsi le vol était défini ainsi : s’emparer d’un bien par la force ou le sortir d’une habitation sans permission.
Si la victime voulait récupérer les biens qui lui avaient été pris, elle devait démontrer qu’un autre membre du clan était entré en possession de ce bien et comment il l’avait fait. Cependant, si l’accusé ne répondait pas à la victime, il était automatiquement reconnu coupable. Une fois le voleur identifié, la communauté autorisait la victime ainsi que sa famille à se rendre à la demeure du voleur et à s’emparer de tout ce qu’ils voulaient. Un simple larcin pouvait donc entraîner aux membres du clan du voleur d’énormes pertes.
Il y avait dans la société Wendate, la règle du Don. Il s'agit d'un code de générosité, d’hospitalité, d’échange cérémoniel qui assure la circulation et le partage des biens produits, sans recours à un marché et avec une grande signification symbolique. Le don se divise en obligations de donner, recevoir et rendre. Ce que les Wendats recevaient était, rendu sans exception, souvent en plus grande quantité que celle reçue. Un Wendat ne faisant pas de réciprocité envers les autres était suspecté de sorcellerie. Cela garantissait à la société d'éviter les inégalités entre les membres.
De plus la société Wendat a un mépris pour l'accumulation des richesses personnelles, le clan comptant surtout.
La société Wendate, divisait le travail selon les genres : les femmes étaient chargées de l'entretien du village, de la coupe des arbres pour entretenir les feux, de l'éducation des enfants, de la cuisine exigeant aussi la confection des poteries, de l'artisanat et de la confection des vêtements.
Historiquement, la « mère de clan » (la plus vieille femme de la famille) avait la responsabilité de désigner le Grand chef et avait même autorité sur celui-ci.

Damoiseau chassant
Ce sont les damoiseaux qui effectuaient le défrichage des terres ainsi que la coupe des arbres sur le site de leur prochain village. L’écorçage et le brûlage des herbes et des broussailles sont parmi les tâches que comporte le défrichage. Les hommes font également la culture du tabac qui est considéré comme une plante sacrée et le creusage des fosses garde-manger pour permettre la conservation de leurs récoltes. Ils s'occupent également de la chasse, de la pêche, de la politique, de la guerre, de la construction, du commerce (le troc) et de l'éducation clanique de leurs neveux et de leurs nièces.
Les villages Wendats étaient quand à eux installés près des rivières et sur des terres cultivables pour servir à l'agriculture. Ils changent d'emplacement tout les 10 où 15 ans, en raison de l'état des sols et du bois de chauffage.
Les villages Wendats avaient des pallisades, occupant des surfaces de 2 à 3 hectares (on peut aller jusqu'à 8 hectares).
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Reconstitution d'une maison Wendate
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Intérieur d'une maison Wendate
Quand à l'agriculture, les Wendates pratiquent la méthode des trois soeurs, consistant à élever du maïs, du haricot et de la courge en même temps, chacun aidant le champ.
Après les récoltes, les aliments étaient suspendus et séchés à l'intérieur des habitations pour assurer leur conservation. Un autre procédé de conservation était l’entreposage du maïs égrené dans des tonneaux d’écorce que l'on installait dans les maisons longues. Une autre méthode utilisée était la conservation des aliments dans des fosses garde-manger d’environ 1,5 mètre de profondeur creusées dans le sol. Le fond et les parois de ces fosses étaient recouverts d’écorces. Ce système était efficace pour protéger les aliments des prédateurs et des ennemis en temps de guerre. Les aliments étaient aussi entreposés dans des poteries d'argile.
La tradition wendate des festins est très importante. Il fallait rendre grâce au Créateur, le remercier, et organiser des fêtes au cours desquelles celui qui invitait ne pouvait pas manger. C'est à chaque fois une fête obligatoire qui pouvait durer jusqu’à vingt-quatre heures.
Il existe plusieurs types de repas : ceux où l'on ne fait que fumer la pipe, le festin où l'on mange et danse, le festin de grâce, le festin pour la guérison d'une maladie et le festin pour une personne à l'article de la mort.
Pour finir voici une musique en langue Wendate, nommée Noël Huron (on entend la langue Wendate de 0 à 1min13) : https://www.youtube.com/watch?v=Zy_MSeG3bzk

Wendats
Ainsi se conclut cette épisode, en espérant qu'il vous aura plu !